La seule chose de potentiellement intéressante que je trouve à écrire, est que ma chambre est infestée de l'odeur nauséabonde du bracelet en cuir que j'ai acheté samedi matin. Enfin, il est joli, ça compense. "C'est du pur cuir" a t'il dit, il a oublié de préciser "mais c'est fou ce que ça empeste.." Bon vendeur.
En "grandissant", je pèse mes mots, j'ai finis par me libérer des opinions. Avoir des idées personnelles sur les choses, un peu trop peut être, pour que je déballe mon moi intérieur sur une page interactive. Un blog n'a rien d'intime. Juste un moyen de montrer au monde comme notre vie est belle et intéressante, comme nos passions et nos loisirs sont palpitants, comme nos meilleurs amis sont trop "cool", "branchés", "in", comme notre vie sentimentale est parfaite et enviable, comme nos soirées entre potes sont trop absolument exceptionnellement inoubliables... Au fond, il y a des choses passionnantes qu'on ne peut pas partager avec le reste de la population internaute. Il est impossible d'évoquer certains sujets, de peur de voir s'abattre sur nous une montagne de foutus préjugés grosse comme le monde. Pourquoi certains parents battent leurs enfants ("hé vous savez quoi, la fille de mathouslife est battue"), pourquoi les hommes trompent leur femme ("ah et en plus ses parents sont infidèles!"), comment certaines femmes sortent psychologiquement d'un avortement ("et puis elle s'est faite avortée aussi, c'est écrit sur son blog"), comment supporter le regard des autres sur sa séropositivité ("moi j'lui fais plus la bise, elle a l'sida..."). C'est trop dure de dire qu'on a la haine sur un blog, parce que rare sont ceux qui peuvent comprendre ce besoin d'écrire, de s'exprimer, rare sont ceux à qui leur propre vie suffi, il leur FAUT, et cet acte est indispensable à la survie de l'espèce, trouver des raisons à mettre sur mes mots, chercher qui se cache derrière "je LA hais" ou encore "je L'aime".
Le plus dur est encore de faire la part des choses, de trouver ce qui est assez personnel pour être écrit sur un blog-perso cependant déjà mort, et ce qui l'est trop et qui ferait mieux de ne pas figurer sur ces pages.
C'est donc pour moi, et aussi pour ceux qui ne peuvent s'empêcher de me lire de manière indifférente mais que je remercie toutefois de passer par ici, que je n'écris plus. Les critiques, mêmes ridiculement inutiles et injustifiées, sont intéressantes et parfois très drôles.
Je réponds ainsi à la question que vous ne vous posiez pas: pourquoi n'écrit elle plus?
Parce que j'ai trop de choses à dire.